En 2026, une règle discrète a changé le coût de certaines ventes de riads. Depuis le 1er juillet, quand une maison de plus de 300 000 DH est payée en tout ou partie en espèces, ou que l'acte ne précise pas comment elle a été réglée, 2 points de droits d'enregistrement s'ajoutent : sur la seule part payée en espèces si le reste a été réglé par un moyen légal. Ce n'est qu'un détail parmi d'autres, mais il dit l'essentiel : acheter un riad, c'est autant une affaire de procédure que de coup de cœur.
De la rue, on ne voit rien. Un mur aveugle, une porte cloutée, parfois un heurtoir. Le riad ne se montre pas : il se découvre, pièce après pièce, en tournant le dos à la ville. Visite guidée d'une maison pensée de l'intérieur.
C'était la nuit du 8 septembre 2023. En quelques secondes, la terre a tremblé depuis le Haut Atlas jusqu'aux ruelles de Marrakech. Des minarets ont vacillé, des pans de remparts sont tombés, des maisons centenaires se sont ouvertes comme des livres. Trois ans plus tard, la médina porte encore des échafaudages. Elle porte aussi des chantiers qui avancent.
Deux portes cloutées, côte à côte, dans le même derb. Même façade ocre, même patio. Pourtant, l'une ouvre sur un bien que la loi déclare inattaquable. L'autre, sur une propriété qu'une meilleure preuve peut encore remettre en cause.
On imagine le patio, les orangers, le petit-déjeuner servi sur la terrasse. On pense moins au Centre régional d'investissement, à la commission de classement et à la déclaration quotidienne des clients. C'est pourtant par là que passe toute maison d'hôtes légale au Maroc.
Un riad ne ment pas longtemps. Une tache au pied d'un mur, un enduit qui sonne creux, une porte qui frotte depuis peu : chaque détail raconte quelque chose sur la santé de la maison. Encore faut-il savoir le lire.
Une médina ne se visite pas, elle se traverse. On y entre par une porte, on s'y perd, on en ressort changé. Le Maroc en compte des dizaines. Six d'entre elles ont reçu la plus haute reconnaissance patrimoniale au monde. Voici pourquoi chacune mérite le voyage, dans l'ordre où nous conseillons de les découvrir.
Un riad en melkia n'est pas un mauvais achat. C'est un achat où le travail de vérification change de mains. Sans livre foncier, c'est à vous de prouver que le vendeur possède tout le bien, seul, sans droit concurrent.
On la croise dans les annonces, glissée entre la surface et le nombre de chambres : « melkia avec réquisition ». La formule rassure. Elle dit une chose vraie, et en tait une autre.
De la ruelle, on ne voit rien. Un mur aveugle, une porte cloutée, parfois un heurtoir en forme de main. Puis la porte s'ouvre, un couloir coudé vous détourne, et la maison se révèle d'un coup : une cour, du ciel, souvent de l'eau. Mais cette cour abrite-t-elle un jardin ? C'est toute la différence entre un riad et un dar.
La Lettre
L’essentiel des riads de Marrakech, chaque semaine.
Marché, patrimoine, chantiers et droit : une sélection de la rédaction.